La Colocation à Nantes est saturée : le nouvel Eldorado est le « Solo Premium »

Souvenez-vous de l’année 2020. C’était l’époque bénie où il suffisait d’acheter un T4 aux Dervallières ou à Nantes Nord, d’y mettre trois lits IKEA, trois bureaux et une déco « scandinave » pour afficher une rentabilité à deux chiffres.

La colocation était l’El Dorado. Tout le monde s’y est mis. Les influenceurs YouTube, votre banquier, et même votre oncle au repas de Noël.

Nous sommes en janvier 2026, et la fête est finie.

Ouvrez les sites d’annonces : le marché nantais est inondé de chambres en colocation. L’offre a explosé, la demande s’est tassée, et les loyers stagnent alors que les charges grimpent.

Aujourd’hui, avoir une chambre vide pendant 3 ou 4 semaines entre deux étudiants est devenu la norme. Pour un investisseur qui a calculé son cash-flow à l’euro près, c’est une catastrophe.

Si vous voulez sauver votre rentabilité, il faut arrêter de suivre le troupeau. Il faut comprendre ce que veut le marché d’aujourd’hui. Et le marché ne veut plus partager son frigo.

La fin de l’auberge espagnole

Pourquoi la colocation s’essouffle-t-elle ? C’est une question de sociologie.

Le locataire cible de 2026 n’est plus l’étudiant fauché de 19 ans. C’est le Jeune Actif de 26-30 ans.

Il travaille (souvent en hybride ou télétravail), il gagne correctement sa vie, et il sort de cinq années d’études où il a déjà vécu en communauté.

Ce profil a une exigence nouvelle : l’Intimité.

Il ne veut plus attendre son tour pour la douche. Il ne veut plus gérer le planning de ménage avec des inconnus. Il ne veut plus entendre la visioconférence de son colocataire dans le salon quand il rentre fatigué le soir.

Il cherche son cocon. Un espace à lui, fonctionnel, propre et surtout privatif.

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La stratégie du « Solo Premium » : Diviser pour mieux régner

Si vous possédez un grand T4 ou T5 configuré en colocation qui peine à se remplir, vous avez un gisement de valeur inexploité sous les pieds. Mais il va falloir faire des travaux.

La stratégie gagnante de 2026 consiste à transformer ces grandes surfaces en unités indépendantes.

Au lieu de louer 4 chambres à 450€ (avec un risque de vacance élevé et une gestion humaine lourde), transformez votre plateau de 90m² en :

  • Deux grands T2 confortables (pour des couples ou jeunes actifs).
  • Ou trois studios optimisés (type « suite hôtelière » avec kitchenette et SDB privative).

Oui, cela demande un budget travaux (division des compteurs, création de salles d’eau). Mais regardez les chiffres :

Le prix au m² d’un T1 indépendant à Nantes explose celui d’une chambre en colocation.

Surtout, la demande pour du « petit logement individuel de standing » est insatiable. Vous ne cherchez plus des locataires, vous les sélectionnez.

L’alternative « Famille & Expat » : Le retour au calme

Si la division est techniquement impossible dans votre copropriété, il existe une autre voie de sortie : le retour à la location unique, mais très haut de gamme.

Nantes attire toujours autant de cadres parisiens et de familles expatriées (merci l’attractivité économique de la région).

Ces profils arrivent avec un pouvoir d’achat élevé, mais ils galèrent à trouver des logements familiaux meublés de qualité. Le marché est saturé de colocations, mais vide de grands appartements « prêts à vivre » pour une famille.

En louant votre T4 à une seule famille (Bail Mobilité ou Civil si c’est une entreprise qui paie) :

  • Vous supprimez le turnover : Une famille reste 1, 2 ou 3 ans.

 

  • Vous réduisez l’usure : On prend plus soin d’un logement quand c’est « chez soi » que dans une colocation de passage.

 

  • Vous sécurisez le loyer : Le loyer global est peut-être 10% inférieur à la somme des 4 chambres théoriques, mais il est payé 12 mois sur 12, sans trou d’air.

L‘intimité est le nouveau luxe

Ne soyez pas nostalgique des années 2020. Le cycle immobilier a tourné.

La standardisation a tué la rentabilité de la colocation classique.

Aujourd’hui, pour performer à Nantes, il faut offrir ce que les autres ne proposent plus : de l’indépendance.

Que ce soit en divisant pour créer des studios ou en ciblant des familles CSP+, l’objectif est le même : redonner au locataire la clé de sa propre porte, et non celle d’une chambre au fond du couloir.

C’est ça, le véritable investissement « Premium » en 2026.

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Amaury TARDIER – Rédacteur en chef