Quand on envisage d’investir à Nantes, il y a souvent le réflexe « carte postale ». On s’imagine acheter rue Crébillon, place Royale ou près du Château. On se dit : « C’est le patrimoine, ça ne perdra jamais de valeur, c’est le cœur battant de la ville. » Sur le plan patrimonial pur, vous n’avez pas tort. La pierre y est belle.
Mais si votre objectif est la rentabilité locative et que vous visez une clientèle Corporate (cadres, consultants, ingénieurs en mission), vous faites peut-être fausse route. Pourquoi ? Parce que ce que vous trouvez « charmant » le week-end (rues piétonnes, animation, accès restreint) est un véritable cauchemar logistique pour un professionnel au quotidien.
Soyons clairs : pour attirer les meilleurs dossiers locatifs, il faut arrêter de penser comme un touriste et commencer à penser comme un directeur commercial pressé.
Mettez-vous deux minutes à la place de votre cible idéale. Disons, un ingénieur senior en mission chez Airbus à Bouguenais, ou un auditeur détaché chez KPMG à Saint-Herblain.
Ce locataire gagne bien sa vie. Il a souvent une voiture de fonction (ou un véhicule personnel confortable). Il travaille tard. Quand il rentre chez lui à 19h30, après 45 minutes de bouchons sur le pont de Cheviré, son dernier souhait est de tourner 20 minutes pour trouver une place de stationnement hors de prix dans le centre, ou de devoir garer sa voiture à trois rues de son appartement sous la pluie.
Pour ce profil, l’hypercentre nantais n’est pas un luxe. C’est une friction.
L’accessibilité ? Compliquée avec la ZFE (Zone à Faibles Émissions) et la piétonnisation croissante.
Le calme ? Inexistant entre les bars et les livraisons matinales.
Le stationnement ? Un luxe rare qui se paie au prix fort (et qui manque souvent cruellement dans les immeubles anciens).
Si l’emplacement n°1 n’est plus Graslin, où faut-il investir ? La réponse tient en un mot : l’accessibilité.
Les zones les plus rentables pour la location d’affaires à Nantes ne sont pas celles qui figurent sur les guides touristiques, mais celles qui permettent de rejoindre le périphérique en moins de 5 minutes tout en offrant une qualité de vie immédiate.
Regardez attentivement ces secteurs souvent boudés par les investisseurs « esthètes » :
L’axe Saint-Herblain / Zénith : C’est le poumon économique de l’agglomération. Des milliers de cadres y travaillent chaque jour. Un appartement récent, avec parking sécurisé et terrasse, s’y loue à prix d’or à des entreprises qui veulent loger leurs collaborateurs à 5 minutes du bureau.
L’Est Nantais (Beaujoire / Erdre) : Proche du périphérique, verdoyant, et connecté aux zones technologiques.
Les quartiers « tampons » (Procé, Rond-Point de Vannes, Canclaux) : Le compromis parfait. On est proche du centre, mais on respire, on se gare, et on circule.
Dans ces zones, le prix au m² à l’achat est nettement inférieur à l’hypercentre (parfois 20 à 30% moins cher). Pourtant, pour un T2 meublé haut de gamme avec parking, le loyer, lui, ne baisse pas dans les mêmes proportions. Résultat mathématique : votre rendement brut décolle.
C’est le point de bascule psychologique qu’il faut intégrer. Un cadre en mobilité ne s’émeut pas devant une cheminée en marbre ou une hauteur sous plafond de 3,50m si l’appartement est mal isolé phoniquement ou s’il n’y a pas de fibre optique dédiée.
Il cherche de l’efficacité. Il veut :
Un stationnement privatif et sécurisé (c’est souvent le critère n°1, non-négociable).
Une accessibilité routière immédiate pour fuir la ville le week-end ou aller travailler sans traverser les embouteillages du centre.
Du calme pour se reposer.
Investir dans une résidence des années 90 ou 2000, bien entretenue, en première couronne, avec ascenseur et parking souterrain, peut sembler moins « sexy » sur le papier qu’un immeuble 19ème siècle. Mais pour votre compte en banque, c’est une tout autre histoire. Moins de travaux, moins de charges imprévues, et surtout, une file d’attente de locataires solvables (souvent payés par leur entreprise) qui privilégient le confort pratique à l’adresse prestigieuse.
L’immobilier locatif n’est pas un concours de beauté. C’est une réponse à un besoin. Aujourd’hui, à Nantes, le besoin n’est pas de loger des touristes dans l’hyper-centre (le marché Airbnb sature et se régule fortement). Le besoin réel, profond et solvable, c’est de loger la force vive économique de la région.
Alors, la prochaine fois que vous visitez un bien, ne vous demandez pas : « Est-ce que je trouve ce quartier charmant ? »Demandez-vous : « Si je rentrais du travail à 20h avec une berline et une valise, est-ce que je serais heureux de vivre ici ? »
Si la réponse est oui, vous tenez probablement votre prochain moteur de rentabilité.
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Amaury TARDIER – Rédacteur en chef